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« Baudolino », et Byzance

D’Umberto Eco je n’avais lu que « le Nom de la Rose » (trois fois avec enthousiasme), « le Pendule de Foucault » (trop confus), et seulement 50 pages de « l’Île du jour d’avant ». À la mort de l’auteur j’ai cherché à en découvrir un autre et l’avis de David Madore sur son blog http://www.madore.org/~david/weblog/d.2016-04-22.2366.html étant très proche du mien pour ces trois premiers romans, j’ai tenté celui qu’il considère comme le meilleur.

« Baudolino » m’a semblé intéressant mais long sur les trois-quarts du livre…puis trop court et passionnant à la fin, au point d’en relire des chapitres juste après avoir fini.
Situé au moyen-âge comme « le Nom de la Rose » mais deux siècles plus tôt et côté Byzantin, le récit est basé sur l’invention d’un personnage principal qui intervient souvent de manière déterminante, dans des évènements du 12ème siècle. On y trouve contées entre autres la fabrication de reliques et histoires chrétiennes (rois-mages, têtes de Jean-Baptiste et Saint-Suaire), la fondation de la ville italienne d’Alexandrie, les multiples mort de l’empereur Frédéric Barberousse, etc ; et Umberto Eco y complète aussi les trous dans les biographies plusieurs personnages historiques.
Si « le Nom de la Rose » se passe dans l’enceinte d’un monastère et sur quelques jours, ici le roman s’étale sur la durée de la vie d’un homme et parcourt une grande partie de l’Europe et de l’Asie jusqu’à des terres imaginaires.

Au final, même si moins captivant que « le Nom de la Rose » par l’absence d’intrigue policière, je le conseille fortement à mon tour !

Avec le risque ensuite d’enchaîner sur des sources plus historiques : une série de la « Fabrique de l’Histoire » sur France Culture (http://www.franceculture.fr/theme/histoire-byzantine), le livre « Pourquoi Byzance » de Michel Kaplan chez Folio Histoire, etc.

 

 » Les Latins, bien que barbares, étaient très compliqués, nuls en fait de subtilités et de distinguo si une question théologique était en jeu, mais capables de couper un cheveu en quatre sur une question de droit. Ainsi, durant tous les siècles que les Romaniens de Byzance avaient passés en de fructueux conciles pour définir la nature de Notre Seigneur, mais sans mettre en discussion ce pouvoir qui venait encore directement de Constantin, les Occidentaux avaient laissé la théologie aux prêtres de Rome et passé leur temps à s’empoisonner et à se donner des coups de hache d’armes chacun son tour pour établir s’il y avait encore un empereur et qui il était, avec ce brillant résultat : un empereur véritable, ils n’en avaient jamais plus eu. »    Baudolino, U.Eco

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Catégories :brève de rando
  1. vincent
    18 septembre 2016 à 18 h 18 mi

    « seulement 50 pages de « l’Île du jour d’avant » » :
    pas mal, je ne n’ai pas dépassé 10 pages ! Et encore, en relisant plusieurs fois chaque phrase… Incroyable !

    Sinon, le « Désert des Tartares » ? On a parfois l’impression d’être dans un fort de la Maurienne ou de l’Ubaye…

    • guillaumelaget
      18 septembre 2016 à 21 h 43 mi

      Mais c’est plus court, faut que l’ennemi arrive plus vite qu’avec un pavé de Eco !

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