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Photo de montagne : copie, inspiration, originalité ?

28 février 2016 5 commentaires

Quand deux photographes, appelons les A. et B., font des photos semblables au même endroit (sujet, cadrage, conditions proches), B. peut-il « moralement » publier ses images après que A. l’a fait ?
Les circonstances peuvent varier (A. et B. peuvent ou non avoir pris leurs image au même moment ou en décalé, A. et B. peuvent avoir découvert le coin ensemble, A. avoir montré le site à B., B. peut sans connaître A. avoir vu ses photos et s’en être inspiré, etc.) mais ces questions reviennent plusieurs fois par an sur les forums et sites que je fréquente, et je suis encore tombé sur un débat de ce type il y a une dizaine de jours sur Facebook ; je ne souhaite pas revenir sur cette affaire particulière, mais développer mon point de vue sur le fond.

La plupart du temps, je ne suis pas photographe mais enseignant. Dans ce contexte, il ne me viendrait pas à l’idée de réclamer à être cité à chaque fois qu’un étudiant retient et utilise quelque chose que je lui ai appris – et je ne cite pas non plus à chaque fois ceux qui me les ont appris. Je suis déjà content qu’une connaissance soit passée ! Je pense qu’en photo c’est pareil : ni les « idées » d’image, ni les lieux, ni les styles n’ont de propriétaire. À partir du moment où l’on ne veut pas être copié, il faut garder ses images pour soi. Tout le monde, un jour ou l’autre, s’est inspiré de quelqu’un d’autre, moi le premier.

J’ai déjà raconté que mon premier « déclic » en photo de montagne était une interview de Bertrand Bodin dans un Chasseur d’Images vers 1996, à peu près au moment de la parution de son livre sur les Écrins. Sa vue du lac Lauvitel en couverture m’a tapé dans l’oeil, ma première envie était d’aller faire « la même ». J’y suis allé, et la mienne était moins bien, bien sûr ! Mais le virus de la photo de montagne était installé, et je ne crois pas depuis avoir vraiment « suivi » ses images pour m’en inspirer.

Par la suite si je me suis parfois inspiré d’autres images, il s’agissait plutôt d’images « souvenirs » trouvées dans des albums de randonnée, me laissant penser que tel ou tel lieu méritait d’y retourner avec une belle lumière et pour y trouver un cadrage « fort », rarement celui que j’avais vu initialement (souvent, un plan large sous une lumière dure de mi-journée). Sinon, l’étude de la carte, ou simplement le « hasard », m’a aussi fait découvrir certains de mes cadrages préférés. J’ai ainsi l’impression d’avoir été le premier à photographier certains lieux du Vercors ou du Dévoluy au levant ou couchant (et je pense que ce sera parfois vrai, mais souvent faux, avec des images qui ne seront seulement jamais arrivées à mes yeux !). Je citerai par exemple ces cadrages du Mont Aiguille, du Balcon  Est du Vercors ou du Dévoluy, présents sur mon site ou dans mes livres depuis 10 voire 15 ans : pour beaucoup, on peut penser que c’est l’originalité à l’époque des cadrages/lumières qui les ont fait choisir comme couverture de livres ou magazines.

Et je vois souvent depuis 10 ans des images « qui ressemblent » : cadrage proche, « belle lumière lever de soleil », mer de nuages…Des fois le photographe aura pu découvrir par une de mes images le lieu de prise de vue, des fois ce sera le simple hasard qui l’aura mené au même endroit par une belle lumière du matin ou du soir.
Tant mieux si ces lieux sont visités et appréciés par d’autres ! Si l’image qui en sort est belle, tant mieux pour tout le monde. Et si elle est plus belle que la mienne (c’est subjectif..et cela tient aussi à des conditions météo par nature très éphémères) tant mieux pour moi aussi : j’aurai vu une belle image, une pointe de jalousie, et ça va me motiver à faire mieux, sur ce site ou ailleurs. De toute manière, le nombre de photographes de la région Grenobloise qui se lèvent tôt a explosé depuis 10 ans, le nombre de « spots photos » reste constant…

Aujourd’hui, je cherche à découvrir de nouveaux sites (en particulier depuis 2 ans, en Belledonne dont on voit peu de photos à part les « grands classiques » du Sud du massif), soit à visiter régulièrement « mes » coins au fil des saisons et des lumières.

C’est le cas par exemple de cette vue du Grand Ferrand : je l’avais « découverte » en 2001, publiée sur mon site en 2004, en couverture de Alpes Loisirs en 2008, mais cela ne m’empêche pas d’y retourner quasiment chaque année avec grand plaisir, la dernière fois il y a une semaine.

AL_61.jpg

Et chacun peut avoir ses propres goûts et envies, et aucune envie de nouveauté ! Qu’est-ce qui est le plus important pour un photographe ? Avoir un beau souvenir d’une belle sortie où il a « vu » une scène même s’il n’est pas le premier à la voir ? Apprendre la technique photo et « faire aussi bien » qu’une image déjà vue ? Faire plaisir à quelques amis qui apprécieront aussi ? Montrer des coins jamais photographiés ? Devenir un artiste riche et célèbre ? Pour la dernière option certainement qu’il vaut mieux rechercher l’originalité, mais c’est de toute manière tellement peu probable…;-) Et pour toutes les autres options pourquoi pas ?

 
J’aime bien l’analogie avec la musique. Dirait-on d’un pianiste ou violoniste qui interprête une oeuvre ancienne déjà maintes fois enregistrée qu’il « copie » ? Jouer moins bien qu’un enregistrement d’un grand interprète est pourtant une occupation très prenante pour beaucoup de gens ! Qui vont même jusqu’à diffuser sur youtube, ou faire des concerts pour leur famille, leurs amis ou parfois au delà du cercle proche…Pourquoi serait-ce différent en photo ? En photo comme en musique, le loisir et le plaisir de l’interprétation me semble tout à fait « normaux »…l’important est que chacun se fasse plaisir.

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9 jours de vacances, 3 jours de soleil

28 février 2016 2 commentaires

Un bilan assez médiocre de cette semaine de vacances qui s’achève…peu de neige, et seulement 3 jours avec un franc soleil au lever ou coucher de soleil, du gris le reste du temps. Le côté positif c’est que j’aurai bien bossé au calme, l’équivalent sans doute de 3 jours à temps plein 😉

Je vais ici m’attarder un peu sur la plus longue des 3 randonnées, celle de dimanche matin, une montée à la Tête de Vallon Pierra, en Dévoluy. C’est un coin que j’aime beaucoup et il est rare que je laisse passer un an sans une visite. Dimanche donc, départ vers 1h30 de Grenoble après une (très courte) nuit. J’hésite un peu en route sur l’accès (par le vallon de Charnier ou par la Jarjatte ?) et, à la sortie de Grenoble, je prends la direction de la Jarjatte. Départ donc du bout de route aux Granges à 3h…

Un peu de glace sur le sentier au début, puis vers le col de la Croix le sol devient blanc mais l’épaisseur n’y est pas. Vers 4h30 j’arrive sous les falaises du Lauzon, et enfin un peu de poudre, sans traces dessus ce qui ne gâche rien : c’est l’occasion d’une première longue pause photo avec la quasi-pleine lune et ma frontale pour éclairer.

 

 

Ensuite, courte remontée dans une neige qui redevient dure vers le col du Charnier puis la crête entre Tête du Lauzon et Tête de Vallon Pierra, à temps pour un filé d’étoiles au coucher de lune. Le vent qui était imperceptible 50 mètres plus bas souffle en tempête là-haut…

16_02_Vallon_Pierra_05 [ref.]

 

Il reste alors le temps de monter au sommet pour le lever de soleil 40 minutes plus tard. Toujours un fort vent et malheureusement une bande de nuages à l’Est contrarie un peu le lever.

16_02_Vallon_Pierra_06 [ref.]

Depuis la Tête de Vallon Pierra, vue sur le Grand Ferrand

Après la descente en petite boucle par le Vallon Froid, le soleil arrive franchement, et je fais encore quelques pauses dans le blanc avant de redescendre par l’itinéraire de montée, col de Charnier et Col de la Croix…arrivée vers 9h30 au point de départ. À refaire 😉

 

 

 

 

 

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