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Tour du Pic du Frêne

L’automne 2015 fut très favorable aux grandes randonnées en Belledonne. À l’exception d’une courte incursion vite fondue à la mi-octobre, la neige a attendu la fin du mois de novembre pour visiter les sommets (et même jusqu’au 31 décembre, il fallait monter particulièrement haut pour la trouver).

Ce matin de mi-novembre la voie était donc libre pour mon « style » de randonnée préférée, la grosse boucle d’une quinzaine d’heure non-stop dans les pierriers de Belledonne. L’objectif principal de la sortie est de visiter le lac Noir des Férices que je ne connais pas, et de revoir quelques autres lacs déjà visités en octobre mais dont j’espère ramener des images avec une meilleure lumière.
La boucle est donc une sorte de « tour du Pic du Frêne », d’environ 2800 mètres de dénivelé, en quasi-totalité hors sentier et en bonne partie sur des pierriers très « Belledonne », gros blocs instables. Le bonheur, quoi !

Je démarre du fond de vallée vers 4 heures. Le refuge des Férices est vite atteint, mais ensuite je me perds un peu et n’arrive au lac Noir qu’en toute fin de nuit. Juste à temps pour faire quelques photos étoilées et quand je quitte le lac au moment où la lune se lève dessus, il fait déjà presque clair.

Tout juste le temps de rejoindre la crête 400 mètres plus haut pour le lever de soleil, in extremis vers le « Passage des Chamois ».

Je suis maintenant en terrain connu : descente d’un couloir juste avant le col de la Pierre, descente du vallon de la Pierre. Je suis déjà passé là en avril deux ans plus tôt – mais sur la neige la descente allait plus vite que dans ces pierriers alternants blocs, zones instables, et vernes sur le bas. Je croise à ce moment les deux seuls humains de la journée : un randonneur qui redescend lui aussi du vallon de la Pierre, et un autre qui monte dans le vallon de la Valette.
Je quitte ce vallon pour le col du Gollachon, très court mais bien raide des deux côtés, et une traversée hors sentier mais en terrain facile, et même herbeux par moment, m’amène au lac du Bacheux que j’avais visité sous 15cm de neige un mois plus tôt. Là, j’étais en t shirt, pas un brin de neige jusqu’au lac, on se croirait début octobre si ce n’étaient les marmottes endormies et les myrtilliers sans fruits ni feuilles.

À partir du lac, 10 centimètres de neige durcie sur un pierrier me ralentissent bien. Presque une heure pour rejoindre le col 2459m à peine 250 mètres au dessus ! J’avais hésité à compléter la randonnée par l’ascension de la pointe du Bacheux, mais entre la neige et la longueur, ce n’est pas possible, il faudra revenir en été.

Il est plus de midi, j’en suis à 8h de marche presque non-stop et je crois que je commence bien à fatiguer…je pensais avoir du temps mais en fait, il ne va pas trop falloir que je traîne si je veux arriver au col du Crozet au coucher de soleil.

La traversée dans les pierriers est « amusante », et je me retrouve à descendre vers le lac du Côteau. J’arrive à l’heure où il prend le soleil, mais c’est raté pour les photos. J’étais déjà passé là en octobre mais le soleil était voilé, là il est éclatant mais n’éclaire qu’une partie du lac, qui par ailleurs commence à geler (il doit voir le soleil moins d’une heure par jour en ce moment).

À ma précédente visite j’avais découvert plus bas deux jolis lacs non indiqués sur la carte, mais je me rends compte que l’un (qui m’avait pourtant paru permanent) a disparu et devait n’être qu’une (très grosse) flaque de pluie. Le deuxième en revanche est magnifique et je suis content d’être repassé le voir avec du soleil.
Entouré d’herbes, les sommets du Crozet et les pointes de la Bourbière s’y reflètent bien.

Après quand même une petite heure de pause, une courte descente, c’est la dernière montée du jour vers le col du Crozet. J’y arrive bien fatigué et un peu deçu par la vue, trop « encaissée ».

Comme la suite de la descente s’annonce encore délicate (le versant sud était tout sec et chaud mais le versant nord, bien raide, est enneigé/verglacé) j’attaque la descente une grosse demi-heure avant le coucher de soleil. Je ne verrai celui-ci que sur les crêtes du Grand Miceau aux Grands Moulins.

La nuit tombe et il reste encore un bon bout de descente en suivant plus ou moins le Bens, jusqu’au refuge des Férices puis au point de départ. J’arrive par nuit noire, après une de mes plus belles randonnées de l’année. Pas forcément sur les images (je suis content de certaines mais il n’y a aucune « perle », le ciel était bleu quasiment sans nuage du matin au soir) mais sur l’impression d’avoir passé la journée dans un autre monde, coupé de tout, à à peine une heure de route de Grenoble.

 

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Catégories :brève de rando
  1. 10 janvier 2016 à 15 h 57 mi

    C’est sublime, tout ce que j’aime, les couleurs, l’ambiance, la course, merci de ce partage guillaume

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